Homélie du jour des défunts, par Laurent Capart SJ

Corps du christ 1Homélie rédigée et prononcée par Laurent Capart, le 2 novembre

L’extrait de l’Évangile que nous venons d’entendre nous permet de mieux comprendre comment vivre avec les personnes décédées.  Souvenons-nous d’abord que la Bible commence par l’évocation d’un jardin duquel l’homme et la femme sont chassés à cause de leur péché. Ce texte biblique n’est pas celui qui a été écrit il y a le plus longtemps, mais il est placé au début de la Bible parce qu’il est fondamental puisque ce jardin est le lieu créé par Dieu pour que les êtres humains y soient heureux.

Quand Jésus parle du grain tombé en terre, il nous indique comment réintégrer ce jardin. Avant de tomber en terre, ce grain, provenant d’un épi issu lui-même d’un autre grain, avait été exposé au grand air, éclairé et réchauffé par le soleil, et nourri par ses relations avec d’autres créatures. Il en va de même des personnes qui pendant leur vie terrestre s’enrichissent des relations vécues avec les autres. Quand survient la mort, ces personnes deviennent invisibles, mais elles sont toujours présentes d’une autre façon tout comme le grain enfoui en terre est toujours présent bien qu’il soit devenu invisible.

En célébrant hier la Toussaint, nous avons évoqué la fécondité des grains tombés en terre, c’est-à-dire des personnes qui portent beaucoup de fruit quand elles sont devenues invisibles. Fêter tous les saints, c’est nous réjouir de leur bonheur tout en nous rappelant que nous sommes toutes et tous nés pour vivre ce bonheur et donc appelés à la sainteté. Aujourd’hui, nous ne faisons pas que nous souvenir des personnes décédées que nous avons connues ici sur terre, mais laissons Jésus nous instruire sur les relations que nous pouvons continuer à vivre avec elles. Elles sont devenues invisibles et il ne s’agit pas de faire de la magie ou de leur demander de quoi l’avenir sera fait, ce qui serait un manque de confiance en Dieu, mais bien de découvrir, en le vivant, comment nous leur sommes reliés comme les grains qui sont encore sur les épis le sont avec ceux qui sont enfouis dans le même champ. C’est en effet à vivre ensemble heureux que nous pouvons nous préparer en prenant soin de la terre pour qu’elle devienne notre maison commune, comme nous y invite le Pape François dans l’encyclique Laudato Si.