Homélie du 2ème dimanche de l'Avent par Laurent Capart SJ

2e avent bHomélie rédigée et prononcée par Laurent Capart le 7 décembre.

Depuis une semaine, dans le temps de l’Avent, nous nous rendons attentifs à la manière dont le Seigneur vient vers nous. C’est donc le Seigneur qui prend l’initiative de venir à nous, mais il ne s’agit pas que nous restions passifs : il nous faut préparer le chemin. Le commencement de l’Évangile de Saint Marc nous donne de précieuses indications sur la manière de le faire.

 

Il faut d’abord se rendre au désert, qui n’est pas le lieu où nous sommes seuls puisque Jean y est rejoint par des foules. Par contre c’est le lieu où nous sommes dépouillés de tout ce qui nous encombre dans la vie quotidienne. C’est là qu’est proclamé un «baptême de conversion pour le pardon des péchés ». La prise de recul dans le désert permet de mesurer mieux les dons de Dieu ainsi que la nécessité de changer dans nos vies ce qui doit l’être. Cette démarche est publique et personnelle, mais aussi communautaire : « ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. » Ce baptême est un baptême dans l’eau qui est source de vie, mais aussi le lieu où l’on peut se noyer. Il s’agit donc de plonger dans la vie avec ce qu’elle a de dangereux et de risqué en prenant sa place dans la file des pécheurs et en reconnaissant n’être pas meilleurs que les autres qu’il n’y a donc pas lieu de les juger, mais de les aider dans cette démarche tout se laissant aider par eux. La démarche est donc communautaire, mais chacun est baptisé dans l’eau par Jean. Tous, nous avons besoin d’être personnellement rassurés quand nous plongeons dans la vie. Cette démarche n’est féconde que quand la volonté est engagée, d’où l’appel à la conversion qui exprime le désir d’être pardonnés des péchés. Écoutons Saint Pierre nous indiquant le sens de la démarche : « faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix. »

Celui qui nous exhorte ainsi est celui qui était sûr de lui, mais a néanmoins trahi le Christ. Il ne suffit donc pas d’être de bonne volonté, d’aller au désert, de plonger dans la vie, et d’être rassurés. C’est ce que Jean exprime quand il nous dit de Jésus : « Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » Il s’agit, au-delà de la nécessaire conversion du baptême dans l’eau, de nous laisser plonger dans l’amour trinitaire, de nous ouvrir à l’accueil de l’Esprit Saint et de ses dons, d’entrer dans une proximité aimante avec le Père, et d’aimer personnellement Jésus, par exemple en se mettant à son écoute et en lui parlant « comme un ami parle à un ami » pour reprendre les mots de Saint Ignace de Loyola dans les « Exercices spirituels ». C’est cette proximité de Dieu qui a sauvé Saint Pierre, le pécheur pardonné à qui Jésus a confié l’Église. Préparons donc le chemin du Seigneur, comme nous y invite Isaïe, en entrant dans la dynamique du baptême dans l’eau, mais ne nous arrêtons à cette étape : accueillons avec joie et reconnaissance le baptême dans l’Esprit que nous avons reçu et qui nous fait entrer au cœur de l’amour de Dieu.