Homélie du 6ème dimanche de Carême par Thierry Dobbelstein SJ

Crucifixion 04Quelques mots prononcés par Thierry Dobbelstein, le 20 mars.

Après la lecture du récit de la Passion il ne convient pas de faire une homélie, du moins une homélie complète. Le texte se suffit à lui-même. Je me contente de quelques mots sur l’évangéliste de cette année : Luc.

Ce qui lui est propre : son insistance sur l’universalité du salut. C’est pourquoi je souligne la confession de foi toute simple du centurion romain, en conclusion des événements dramatiques. Même un centurion romain – ni juif ni chrétien – peut se laisser toucher par Jésus, et exprimer dans ses propres mots qu’il a compris que cet homme est exceptionnel.

Une autre insistance de Luc porte sur la miséricorde de Dieu – qui s’exprime, qui éclate dans la personne de Jésus. Ici dans les moments les plus dramatiques, nous l’entendons dire : « pardonne-leur… » Et puis il y a cette personne du « bon larron ». C’est la première personne « canonisée »… Curieux modèle pour nous, mais modèle de la gratuité complète de l’amour de Dieu. La seule condition pour entrer dans la vie éternelle est de notre côté : « Sommes-nous prêts à accueillir cet amour ? » Ceux qui sont du côté de la raillerie et de la provocation, ce sont des hommes apparemment religieux. Ils croient bien faire… mais ils sont surtout remplis de leurs certitudes et de leurs représentations de Dieu. Ils ne sont guère dans l’accueil. Dans l’accueil de ce que Dieu est en lui-même : miséricordieux.  Ce que je nous souhaite c’est que nous n’attendions pas l’extrême fin pour accueillir, pour nous laisser accueillir.

Je termine par ces mots de saint Paul : « le Christ ne retient pas le rang qui l’égalait à Dieu… mais il devient semblable aux hommes, il prend le rang de serviteur ». Si notre première vocation est d’accueillir l’amour de Dieu, notre deuxième vocation est celle de serviteur. « Ne pas nous accrocher à notre rang, mais nous rendre semblables, nous reconnaître semblables, nous faire proche et servir ». A l’Institut Gramme, institution jésuite d’enseignement en ville de Liège, le slogan est « savoir pour servir ». Il est évident que cela s’applique à bien plus que les étudiants et anciens de cet institut : cela s’applique au Pape comme à chacun d’entre nous, car cela s’applique à tout chrétien.

Un membre de ma communauté qui nous a quittés le 16 août dernier a souligné avec insistance au cours d’une des dernières messes qu’il présidait : « je suis touché par cette phrase de la deuxième prière eucharistique : ‘nous te rendons grâce de nous avoir choisis pour servir en ta présence’ ».

Trois mots : universalité, accueil et service. Que ces mots soient plus que des mots dans notre vie.