Homélie du 5ème dimanche ordinaire par André de L'Arbres SJ

05 dimanche ordinaire c peche miraculeuseHomélie rédigée et prononcée André de L'Arbre, le 7 février.

Nous pourrions appeler le 5e dimanche ordinaire de l’année C le dimanche des vocations. On voit effectivement dans les textes d’aujourd’hui la vocation d’Isaïe, de Paul, de Pierre et de ses compagnons.

Nous sommes d’abord frappés par l’infinie grandeur de Dieu : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur Dieu de l’univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. » Devant cette grandeur, les pivots des portes se mirent à trembler. Isaïe s’écrie : « Malheur à moi ! Je suis perdu. » Saint Paul dira : « Je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé apôtre. » Suite à la pêche miraculeuse, Pierre tombe aux pieds de Jésus et dit : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »

Face à la grandeur de Dieu, face à sa sainteté, l’homme est pris d’effroi, de peur, tellement il ressent sa petitesse, sa faiblesse, son péché. Il se sent vraiment indigne devant Dieu. Rappelons-nous Paul qui persécute les chrétiens, Pierre qui renie Jésus. Ils ne sont pas fiers et ils ont peur.

Mais Dieu n’est pas là pour nous juger et nous condamner. Il envoie Jésus pour nous libérer, pour nous aimer, pour nous pardonner, pour nous fortifier, pour nous envoyer proclamer cette Bonne Nouvelle à tous les hommes. Jésus ne condamne pas Pierre, il ne l’envoie pas en prison, mais il lui confie de partager sa mission : « Sois le berger de mes brebis ».

Dieu nous appelle à l’aimer et il nous envoie pour aimer nos frères et nos sœurs. L’appel, c’est la vocation ; l’envoi, c’est la mission. Remarquons que le mot « apôtre » signifie en grec « envoyé » et que « missionnaire » signifie la même chose en latin.

A la suite des prophètes, des apôtres et de tous ceux qui nous ont précédés, chacun de nous est appelé personnellement par Dieu pour accomplir une mission qui lui est propre. Il s’agit de s’attacher à la personne de Jésus et de collaborer avec lui. Il s’agit d’aimer Dieu et ses frères et sœurs. Il s’agit de vivre concrètement en enfants de Dieu et en frère et sœur de ceux que le Seigneur nous confie.

 

Il faut en tout aimer et servir : « En todo amar y servir », chantons-nous. Il ne suffit pas de servir, il faut encore le faire avec amour. On peut enseigner ses élèves sans les aimer. On peut soigner ses malades sans les aimer. Mais on peut dire aussi : ce médecin, cet enseignant, cet artiste, cet ingénieur, ce commerçant à vraiment fait de son métier une vocation et une mission, càd qu’il met tous ses talents au service de son prochain et qu’il le fait avec amour. Chacun de nous peut en faire autant, du moins essayer…

Voici un texte de Martin Luther King qui dit cela à merveille :

« Chacun de nous porte en soi, cachées au plus profond de lui-même, des forces créatrices et nous avons le devoir de les découvrir et de les utiliser.

Lorsque quelqu’un a découvert pourquoi il a été créé, il doit mettre tout en œuvre pour réaliser au maximum le plan du Créateur, suivant ses propres possibilités. Il doit essayer de réaliser quelque chose de façon telle que personne ne soit capable de le faire mieux que lui. Il doit le faire comme s’il s’agissait d’une mission spéciale que lui aurait confiée le Créateur, à lui personnellement, et à ce moment précis de l’histoire du monde. Personne n’est capable de réaliser quelque chose d’exceptionnel s’il n’a pas le sentiment d’avoir été appelé spécialement pour cela, en un mot s’il n’a pas la vocation.

Si votre mission est d’être balayeur de rue, vous devez balayer les rues dans le même esprit que Michel-Ange lorsqu’il peignait ses toiles, que Beethoven lorsqu’il composait ses symphonies, que Shakespeare lorsqu’il écrivait ses drames. Vous devez balayer les rues d’une façon tellement parfaite que chaque passant puisse dire : « Ici, c’est un grand balayeur qui a travaillé ; il a bien accompli sa tâche ! »

Si tu ne peux être un arbre sur la colline, sois un buisson dans la vallée, mais sois le meilleur buisson à des lieues à la ronde. Si tu ne peux être le soleil, sois une étoile. La valeur ne se mesure pas aux dimensions. Sois ce que tu es, mais sois-le à fond ! »