Homélie du 5ème dimanche de Pâques par André de L'Arbre SJ

5 paques b je suis la vigne 1Homélie rédigée et prononcée par André de L'Arbre, le 3 mai

Saint Paul a souvent utilisé l’image du corps pour signifier notre union à Jésus : Nous formons un seul Corps dont le Christ est la tête et nous les membres. Une autre image qu’il utilise, c’est celle de la construction dont le Christ est la pierre angulaire ou la clé de voûte.

Jésus utilise l’image de la Vigne. Elle parle éminemment de la vie.

Mais qu’est-ce que vivre ?

Pour une branche d’un arbre, vivre c’est être rattaché au tronc pour recevoir la sève. C’est une question de vie ou de mort. Si le sarment n’est pas branché sur le cep, la sève ne l’alimente plus et il meurt. Au contraire, si le sarment ne fait qu’un avec le cep, la sève le remplit et lui donne vie. Jésus est radical : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu’on jette dehors et qui se dessèche. Les sarments secs, on les jette au feu et ils brûlent. »

De quelle vie s’agit-il ici ?

A dix-sept reprises dans l’Evangile de Jean, Jésus lui-même parle de vie éternelle. Il ne s’agit pas seulement de la vie après la mort, dans le futur. Jésus affirme que déjà, maintenant, celui qui n’est pas rattaché à la source de vie, à la Vigne, à Dieu, est sec et mort.

Jésus explicite ce processus de vie avec trois verbes : demeurer, émonder, fructifier.

Le verbe demeurer traverse tout l’évangile de Jean et dans ce bref passage d’aujourd’hui il revient huit fois. « Demeurez en moi comme je demeure en vous. » Demeurer est une image de permanence, de continuité, de communion, d’intimité, d’amour. Dans le Cantique des cantiques dieu nous dit : « Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui. » Ce mot demeurer ne signifie donc pas seulement rester, séjourner, résider, habiter, mais il signifie plus profondément « vivre avec ». Ce verbe nous renvoie spontanément à l’eucharistie où Jésus vient demeurer en nous : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. »

Le second verbe c’est émonder. La taille de la vigne est l’un des grands travaux du vigneron. Une vigne non taillée, après deux ou trois ans, ne produit plus que du bois et des feuilles, sans fruits. Il faut sans cesse élaguer, nettoyer, pour concentrer la sève dans les rameaux essentiels. Et quand on le taille, la vigne pleure et saigne, mais pour donner plus de fruits.

Le troisième verbe est fructifier, donner du fruit, porter beaucoup de fruits. C’est la vigne de la vie. Dieu nous a donné la vie, c’est pour que nous portions beaucoup de fruits, pour que nous donnions la vie à notre tour et que nous transmettions la vie. « La gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruits », dit Jésus et il ajoute : « Je suis la Vie. » Il est ressuscité, il est le Vivant, et c’est cette vie divine qu’il nous donne dès aujourd’hui, une vie en plénitude et pour toujours.

Jésus utilise une image très parlante, celle de la vigne et des sarments. Ce n’est que reliés à lui que nous sommes pleinement vivants, de la vie même de Dieu. Puisse cette vie de Dieu en nous porter beaucoup de fruits pour tous ceux qu’il nous confie.