Homélie du 4ème dimanche de Pâques par André de L'Arbre SJ

4 paques c bon pasteurHomélie rédigée et prononcée par André de L'Arbre, le 17 avril.

Ce dimanche est celui du Bon Pasteur et aussi celui de la « Journée de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses ». Méditons les deux belles images du bon berger et de ses brebis pour mieux demander au Seigneur de nous envoyer de nouveaux prêtres, religieux et religieuses pour le service du peuple chrétien.

Les images du « mouton » et du « troupeau » ont facilement aujourd’hui un sens péjoratif. On entend souvent : « Ne soyez pas comme des moutons passifs ou n’ayez pas l’esprit grégaire. » Pourtant, les images bibliques, utilisées par Jésus après tant de prophètes, ont une signification extrêmement moderne. Soyons spécialement attentifs aux vernes utilisés par Jésus. Les brebis sont invitées à écouter et à suivre. Le pasteur connaît ses brebis et leur donne la vie.

ECOUTER

Les brebis doivent d’abord écouter. Ecouter est une des attitudes les plus importantes dans la relation entre deux personnes. C’est un signe d’amour authentique. C’est une attitude éminemment active. Que penserions-nous de deux fiancés qui ne s’écouteraient pas ? de deux époux qui ne s’écouteraient pas ? Quel drame, et quel échec de l’amour, quand vivent apparemment ensemble deux individus enfermés chacun dans sa propre personne, sans écoute de l’autre, en imposant toujours « son » point de vue, ne demandant que l’assentiment passif de son partenaire.

Nous le savons pourtant tous, au fond de nous-mêmes : le vœu profond de l’amour, c’est l’attention à l’autre. Combien de fois, dans un groupe, autour de la même table, même dans un soi-disant « dialogue », nous ne savons pas vraiment écouter. Que dire alors de notre écoute de Dieu ?

Quand Jésus affirme « mes brebis écoutent ma voix », il utilise, au fond, un langage amoureux. Quand on aime quelqu’un, on l’écoute, on lui fait confiance. En ce sens, la foi est d’abord une attitude humble et aimante d’écoute du point de vue de Dieu sur toute réalité. L’attitude fondamentale du chrétien est celle du petit Samuel : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. »  Jésus lui-même dira : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu. »

SUIVRE

Le deuxième verbe est « suivre ». Les brebis « suivent » le bon pasteur. Ce verbe décrit une attitude libre : l’adhésion d’une personne à quelqu’un pour s’engager à sa suite, avec lui, avec elle. Suivre, c’est s’attacher à un autre que soi, c’est, là encore, l’aimer jusqu’à lier notre vie à la sienne.

Nous sommes ici aussi, avec ce verbe, dans le registre de l’intimité amoureuse, de l’estime mutuelle, de la communion de deux êtres qui ne font plus qu’un. Nous nous aimons tellement que nous décidons de mettre en commun nos deux destinées. Nous nous « suivrons », réciproquement, de manière indéfectible, fidèlement. « Je te suivrais jusqu’au bout du monde », dit celui ou celle qui aime vraiment.

Pour Jésus, cet aspect actif, pratique, concret, va de soi. Et nous le savons bien, au fond de notre expérience : qui ne fait pas la volonté de celui qu’il « dit » aimer, ne l’aime pas vraiment.

CONNAÎTRE

Le bon berger connaît ses brebis, dit Jésus. Dans notre monde où se vivent tant de solitudes tragiques, comme il nous est bon de recevoir cette révélation de Jésus. Lui au moins, nous connaît intimement et nous aime vraiment. Nous pouvons nous confier à lui. Nous pouvons lui faire entière confiance.

DONNER SA VIE

Il nous donne la vie, la vie éternelle, il nous donne sa vie, car « jamais elles ne périront et personne ne peut les arracher de sa main ». Comme nous sommes loin de l’image doucereuse des bergeries et des petits moutons frisés ! Le berger de Palestine est un rude nomade du désert, une sorte de guerrier capable de défendre son troupeau contre les bêtes sauvages venues pour arracher des brebis du troupeau.

Ce sont bien des « relations d’amour » qui sont décrites par ces quatre verbes de Jésus : écouter et suivre pour les brebis, connaître et donner sa vie pour le berger. Pour que l’Eglise puisse vivre demain, demandons au Seigneur de nous envoyer de bons pasteurs, prêts à donner leur vie pour leur troupeau.