Homélie du 3ème dimanche de Pâques par Louis Piront

3 paques c apparition au bord du lacHomélie rédigée et prononcée par Louis Piront, le 10 avril.

On ne peut pas imaginer la présence du Christ ressuscité, on la découvre, là où elle se manifeste. Notre situation est fort proche de celle des Apôtres, pour qui, le christ est devenu désormais invisible à leurs yeux. Les disciples ne le reconnaissent pas : Marie-Madeleine croit avoir à faire au jardinier… Les disciples d’Emmaüs marchent presque une journée avec Lui sans le reconnaître.

         Et puis il y a le lieu où il apparaît : D’abord 2 fois au cénacle : les disciples s’imaginaient déjà, d’une manière symbolique, que c’était le seul lieu où il se manifesterait … Ensuite, il y a, aujourd’hui, au bord du lac de Tibériade, où, au départ, lorsqu’ils  reviennent bredouille de la pêche après une nuit de travail, ils ne le reconnaissent pas, sur le rivage, quand il leur dit de jeter le filet à droite de la barque.

         Reconnaître la présence de Jésus, toujours vivant parmi nous, n’est chose facile pour personne. Pourquoi ?? Parce que nous avons souvent des idées préconçues quant à son apparence, mais aussi quant aux lieux où nous pouvons le rencontrer.

         Certains prétendent le rencontrer uniquement dans la nature.     D’autres ont davantage besoin de silence. D’autres ont besoin de musique, leur musique, évidemment …(une « musique d’ambiance » différente de la « présence » en        tant que telle)        Certains réduisent sa présence au tabernacle, tandis que d’autres sont sûrs de le rencontrer partout, sauf dans les églises !!...

Que de rendez-vous manqués, à cause des préjugés qui nous aveuglent. Nous nous permettons de choisir les moments et les lieux où nous autorisons le Seigneur à se manifester à nous !... C’est pour cela que nous ratons tant de possibilités de le rencontrer : Le Seigneur nous attend dans l’ordinaire de nos vies, de façon inattendue, surprenante, alors que nous, nous avons prévu « des moments pour » Le Seigneur veut remplir de sa présence toute notre vie … Notre quotidien est le sacrement de sa présence si nous ouvrons nos yeux et si nous le laissons modeler nos vies par sa parole transformatrice.

         Ce qui arrive souvent, c’est que nous reconnaissons sa présence « après », pas au moment où nous vivons les choses … comme les disciples d’Emmaüs qui se souviennent combien leur cœur était brûlant sur le chemin, lorsque Jésus leur expliquait l’Ecriture … comme Jean, dans l’évangile de ce jour, qui dit à Pierre, après la pêche abondante : « C’est le Seigneur ! ». C’est vrai que nous avons besoin de ces temps forts de réflexion pour apprendre à respirer Dieu dans notre quotidien.

Lorsque Guy Gilbert dit : « la rue est mon église », il aurait pu dire : « la rue est AUSSI mon église ». On pourrait ajouter : « ma voiture, c’est ma chapelle » « Ma cuisine, c’est mon sanctuaire » « Le silence est mon tabernacle » « la nature, la nourriture de ma méditation » « le repas familial, le lieu qui me rappelle que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » « la pêche me rappelle que le poisson n’est pas toujours où je crois qu’il est, pas plus que le Seigneur, d’ailleurs ! ».

La présence du Christ ressuscité nous surprend toujours, mais lorsque nous la reconnaissons, c’est comme un clin d’œil qu’Il nous fait Pour nous dire : « Partout où vous êtes, quoi que vous fassiez, je suis avec vous, tous les jours ».