Homélie du 29ème dimanche ordinaire par André de L'Arbre SJ

29 dimanche ordinaire b la premiere placeHomélie rédigée et prononcée par André de L'Arbre, le 18 octobre.

Les évangiles de ces derniers dimanches continuent à nous expliquer comment il faut vivre en communauté, en Eglise. La semaine dernière, il s’agissait de l’usage de l’argent. Aujourd’hui, Jésus nous parle du pouvoir, et cela à l’occasion d’une demande qui lui est adressée.

LA DEMANDE DE JACQUES ET JEAN

En fait, Jaques et Jean sont des cousins de Jésus et il serait donc assez normal que Jésus favorise un peu les gens de son clan. Et par ailleurs, n’a-t-il pas dit : « Demandez et vous recevrez. » Voilà donc deux bonnes raisons pour justifier leur demande.

Jésus les invite à préciser leur souhait. C’est clair : ils désirent les meilleures places. Jésus doit avoir beaucoup de patience, car les disciples n’ont pas l’air de comprendre très vite ! Voilà déjà la troisième fois qu’il leur annonce sa passion et sa mort, mais ils rêvent encore et toujours d’une victoire éclatante et d’un royaume terrestre. Ne les condamnons pas trop vite, car nous confondons souvent nous-mêmes le fait de servir Dieu et de mettre Dieu à notre service. Nous demandons souvent des avantages pour nous plutôt que de remercier, d’adorer et de louer le Seigneur, notre Dieu.

En fait, sans le savoir, Jacques et Jean demandent la place des deux bandits qui entourent Jésus en croix. Alors Jésus essaie de leur expliquer sa vision des choses. Acceptons-nous un Dieu qui nous désinstalle, qui modifie nos demandes ? La coupe qu’ils devront boire est la coupe d’amertume, dure à avaler. Le baptême consistera à être plongé dans la souffrance et la mort à la suite de Jésus. Les deux disciples disent qu’ils sont prêts. Et effectivement, Jacques sera le premier martyr, tué par Hérode à Jérusalem en l’année 44.

Il s’agit pour nous aussi de vivre résolument les deux sacrements fondamentaux. Le baptême nous invite à suivre Jésus, à devenir un autre Christ. Et l’eucharistie nous éduque à donner notre vie à la suite du Seigneur. Quand nos prières semblent non exaucées, faisons-nous finalement confiance à Dieu pour qu’il les exauce à sa manière à lui ? Jésus lui-même renvoie ses amis au mystère insondable des desseins de Dieu.

LA REACTION DES AUTRES APÔTRES

Les autres apôtres s’indignent parce qu’ils partagent la même ambition que Jacques et Jean. Et nous ? Jésus continue son enseignement. Les chefs des nations dominent, oppressent, font sentir leur pouvoir. Nous entendons cela tous les jours à la télévision ou autour de nous. La constitution de l’Eglise nous invite à renoncer totalement au principe de l’avancement, des galons, de la carrière, des titres, des décorations, des places honorifiques. Il nous est demandé de servir humblement. Mais attention aux ambiguïtés ! Aujourd’hui, tout le monde prétend être au service : les stations d’essence, les transports en commun, les administrations, les banques, les supermarchés, les stations-services de tous genres. Tout le monde se réclame du service. Même les parents autoritaires prétendent toujours que c’est pour le bien des enfants et que c’est un service à leur rendre.

Dans l’Eglise, on ne parle pas de chefs, mais de ministres, de serviteurs. La raison fondamentale, c’est qu’il faut imiter Jésus. Il n’a pas joué au grand seigneur, mais au domestique. Dans l’évangile de Jean, le lavement des pieds a pris la place de l’institution de l’eucharistie. Durant l’eucharistie, Jésus donne véritablement sa vie par amour pour chacun de nous.

ET NOUS ?

Nous sommes tous invités à faire notre examen de conscience : qui ai-je tendance à dominer, à exploiter, à prendre les bonnes places ? qui dois-je aimer, servir, valoriser, promouvoir, encourager ? Ne faisons pas l’examen de conscience des autres. Le nôtre sera amplement suffisant et plus utile.