Homélie du 27ème dimanche ordinaire par Laurent Capart SJ

27 dimanche ordinaire b familleHomélie rédigée et prononcée par Laurent Capart, le 4 octobre

Saint Marc l’écrit clairement : c’est pour mettre à l’épreuve Jésus que les pharisiens l’interrogent. Ils ne cherchent pas à comprendre la situation des gens dont ils parlent dans leur question. Après leur avoir fait rappeler la règle de Moïse, Jésus tient, lui, compte de ces personnes. « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. »

Moïse ne considère pas que les pécheurs soient perdus. Il va jusqu’à adapter la Loi en fonction de leurs situations. En prescrivant qu’un acte de répudiation soit établi, il vise probablement à ce que les droits des deux parties soient respectés, comme on le dirait en termes d’aujourd’hui, et que les choses se passent le moins mal possible.

Tout en expliquant et cautionnant la règle de Moïse, Jésus ne renonce pas à proclamer l’idéal : « Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »  Cet idéal que nous pouvons contempler quand, par exemple, nous voyons un couple de personnes âgées dont nous ne connaissons rien d’autre que les prévenances et la tendresse qu’ils se manifestent même si leur marche difficile témoigne qu’il est loin dans le passé le temps où ils gambadaient comme jeunes fiancés. Au lieu de geindre sur la soi-disant décadence des relations familiales, prenons le temps de contempler les couples épanouis et de rendre grâce à Dieu   pour les témoignages qu’ils donnent.

Un point encore : peut-être avez-vous cru que nous avions repris l’évangile d’il y a deux semaines où, comme aujourd’hui, il était question d’accueil et d’enfants. En fait, les deux extraits sont différents : il y a quinze jours, il s’agissait d’accueillir les enfants. Aujourd’hui, il s’agit de les laisser venir à Jésus, en les prenant en exemple. Quand nous accueillons les enfants, nous leur faisons du bien, mais surtout nous leur permettons de nous faire du bien en réapprenant d’eux comme venir vers Jésus et nous laisser accueillir par lui. Entre ces deux versets, il y avait le verset 50 du chapitre 9, qui vient après l’extrait lu la semaine dernière : « Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. »  Ce même chapitre 9 relate la transfiguration de Jésus où la voix venant du ciel dit au verset 7 :« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Un des enjeux des chapitres 9 et 10 est donc bien de nous révéler que le sel de la vie, qui donne sens et saveur, est d’écouter le Fils nous révéler que son Père est notre Père, révélation d’où découle l’appel à vivre en paix entre nous.

Osons laisser les enfants que nous accueillons nous apprendre la manière d’accueillir le Royaume et de nous ouvrir à la tendresse et à l’affection du Père. Ce faisant, ils nous rendent un service plus grand que ce que nous espérons leur apporter. Laissons-nous inspirer par les images qui illustrent la beauté de l’amour vrai et demandons la grâce de viser l’idéal rappelé par Jésus en sachant que quand nous nous en éloignons Dieu continue à nous aimer et à prendre soin de nous malgré l’endurcissement de nos cœurs.