Homélie du 26ème dimanche ordinaire par Thierry Dobbelstein SJ

26 dimanche ordinaire b si ta main t entraine au pecheHomélie rédigée et prononcée par Thierry Dobbelstein, le 27 septembre (messe en UP).

Nous avons travaillé pendant 4 mois à l’écriture de la Charte de notre UP. L’avant dernière étape, c’était ici même pour la messe de la Pentecôte. Nous vous avons motivés à participer à ce travail en disant : « une charte cela nous aidera ». Maintenant nous l’avons, et… je le regrette !

Certes c’est inspirant une charte, mais aussi qu’est-ce que c’est exigeant ! Maintenant je dois me laisser inspirer, secouer, provoquer par la charte. « Sortir de nous-mêmes et de nos églises ! rencontrer les sans-voix et soutenir les initiatives qui prennent en compte les plus pauvres ! réinventer sans cesse la catéchèse ! nous laisser mettre en question les uns par les autres, en nous soutenant les uns les autres, en vivant le pardon ! » C’est vachement exigeant ! Mais il y a au moins un aspect qui confirme que cela vaut la peine : si vous rencontrez quelqu’un qui affirme que les croyants croient par facilité, vous leur faites lire la charte. Et vous commentez : « Moi, cela m’empêche plutôt de m’assoupir ! »

Deuxième point : il ne pouvait pas y avoir meilleures lectures pour cette rentrée en Unité Pastorale et pour l’introduction de la charte. « Nous avons vu des gens qui se mettent à prophétiser ! sans permission ! » Si j’essaie d’actualiser, cela devient : « Vous imaginez !? nous avons vu des gens de Ste-Julienne prophétiser à St-Martin, ou des gens de St-Servais venir animer la prière à Ste-Walburge ! Mr le curé, arrêtez-les ! » Et la réponse fuse : « Non, dit Moïse, serais-tu jaloux pour moi ? » Et bien « Non, dit Monsieur le curé, c’est très bien que Martine Rowier, Jean-Pierre Huyts et Marie-Paule Crochelet fassent partie de l’équipe pastorale ! C’est très bien que Jean-Pierre soit le premier responsable des funérailles, que Martine et Marie-Paule soient les premières responsables de la catéchèse. Même s’ils ne sont pas prêtres ni diacres ! Et encore ils ne pourraient rien faire s’ils étaient seuls. Heureusement il y a 22 personnes dans les équipes-relais. Il y a 10 catéchistes. Il y a Alain Poelmans et son équipe pour préparer les baptêmes. Il y a d’autres laïcs qui président des funérailles en ayant suivi une formation. Il y a trois personnes qui commencent une formation à la pastorale de base. Que dire de nos sacristains, des personnes impliquées dans les fabriques d’églises ! Que dire de tous ceux et celles qui font vivre les associations de nos quartiers ! Que dire de ceux qui visitent les malades, et de ceux qui mouillent leurs chemises pour les plus pauvres ! J’aurais d’ailleurs dû commencer par eux ! ».

« Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » C’est Moïse qui le dit ; mais André de L’Arbre peut répondre : « Mais le Seigneur a déjà fait de son peuple un peuple de prophètes ! Sachons le reconnaître, sachons en rendre grâce, et surtout soyons convaincus que cela doit continuer… demain encore plus qu’aujourd’hui ».

Mais – troisième point – car il y un « mais » ! Moïse continue son soupir : « Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! » Comment pouvons-nous reconnaître que l’Esprit de Dieu est en nous ? Le premier signe de l’Esprit c’est celui de la communion… l’anti-jalousie.

Or je suis impressionné de voir combien nous pouvons perdre de l’énergie dans la jalousie, en nous soupçonnant les uns les autres. Alors un appel aussi fort que celui de Jésus : « Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ! Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le ! Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le ! » C’est tranchant et sans compromis. Et bien soyons aussi tranchants en nous-mêmes, avec toutes ces tendances qui empêchent la communion : les jalousies, les comparaisons, les méfiances. Chaque fois qu’une telle pensée nait en vous, rejetez-la le plus loin possible ! Chaque fois qu’une parole de ce type est entendue, réagissez : « ce n’est pas juste, ce n’est pas bon de dire cela ». Au contraire cultivons l’apriori favorable, l’action de grâce et la bénédiction.

Trois points :

  • Notre charte, un beau texte, mais surtout un fameux poil à gratter.
  • Nous sommes sur le très bon chemin : nous comprenons de plus en plus que notre communauté dépend de l’engagement de chacun et chacune, et pas de la qualité individuelle de Mr le curé et de ses vicaires.
  • Mais il ne suffit pas d’avoir des laïcs qui s’engagent ; encore faut-il que chacun joue le jeu de la communion, de la bénédiction mutuelle. « Ah si le Seigneur pouvait mettre son esprit de communion, d’apriori favorable, d’action de grâce et de bénédiction  en chacun de nous ».