Homélie du 13ème dimanche ordinaire par André de L'Arbre SJ

13 dimanche ordinaire c celui qui met la main a la charrueHomélie rédigée et prononcé par André de L'Arbre, le 26 juin

Frères et Sœurs, L’évangile d’aujourd’hui comporte trois paragraphes apparemment assez distincts : Jésus décide de prendre la route de Jérusalem ; il renonce à faire tomber le feu sur les Samaritains et propose des exigences très fortes à ceux qui veulent le suivre. C’est l’occasion de contempler Jésus et de mieux percevoir sa personnalité.

JESUS, HOMME DE COURAGE

« Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. » Jusqu’ici Jésus a annoncé la Bonne Nouvelle presque uniquement en Galilée, loin de la capitale et du pouvoir religieux. Il s’est régulièrement heurté aux scribes et aux pharisiens, et il est considéré comme dangereux par les autorités de Jérusalem. Il a mis radicalement en question la loi pour la loi. La loi doit être au service de l’homme et non le contraire. Saint Paul vient de nous dire : « Frères, si le Christ nous a libérés, c’est pour que nous soyons vraiment libres. »

Si Jésus peut nous libérer, c’est parce qu’il est d’abord lui-même totalement libre. Il n’a peur de rien ni de personne. Il se sait menacé, mais il décide en toute connaissance de cause d’être fidèle à la mission reçue de son Père. Il ne se débine pas, ne fuit pas l’épreuve, il l’affronte courageusement et rien ne l’arrêtera. Il s’agit pour lui d’aimer jusqu’au bout et de nous entraîner à sa suite dans cette liberté d’aimer et d’œuvrer à une fraternité vraiment universelle. Sa mort se changera en victoire de la vie et de l’amour pour toute l’humanité et pour chacun de nous.

JESUS, HOMME DE LA NON-VIOLENCE

Jésus traverse la Samarie avec ses apôtres, mais on refuse de les recevoir. Jacques et Jean suggèrent à Jésus d’ordonner à la foudre de détruire ce village. Jésus se retourne et les interpelle vivement. Il les réprimande avec autorité. De nombreux manuscrits ajoutent : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes, car le Fils de l’homme n’est pas venu pour perdre la vie des hommes, mais pour les sauver. » Jésus ne se venge pas. Son seul but est de sauver, c’est-à- dire de donner la plénitude de la vie à tous les hommes et de n’en perdre aucun. Jésus subira la violence, sans rendre les coups. C’est le non-violent par excellence, qui arrête le cercle infernal du mal en recevant sur lui le mal sans jamais le faire. Il nous demandera d’ailleurs, pas seulement d’éviter le mal, mais d’aimer ceux qui nous en font. Cela peut nous faire réfléchir dans beaucoup de nos situations de conflits de tous ordres.

JESUS, L’HOMME DE L’EXIGENCE ABSOLUE

Cette non-violence de Jésus pourrait nous faire penser à une personnalité neutre, indifférente, laissant tout faire dans une sorte de vague tolérance. Or voici, au contraire, que Jésus propose, à ceux qui veulent le suivre, des exigences presque sur-humaines : il ne supporte aucun délai ; il exige une disponibilité totale et immédiate ; il demande une décision radicale sans regarder en arrière, et comme en foulant aux pieds les sentiments familiaux les plus naturels. Si nous avons compris la nouveauté et la radicalité de l’Evangile, il n’y a rien de plus contraire que l’indécision, que le compromis et les demi-mesures. Non, Jésus ne peut supporter la médiocrité et les faux fuyants.

JE RESUME

Jésus monte courageusement vers Jérusalem. Il affronte l’épreuve et la croix. Il n’est pas un homme de pouvoir, mais de service. Il demande la même radicalité à ceux qui veulent le suivre. Pour qui n’a pas le courage de se risquer à sa suite, mieux vaut s’abstenir. Amen.