Homélie de Pentecôte par Laurent Capart SJ

Pentecote b evangileHomélie rédigée et prononcée par Laurent Capart le 23 mai.

Le début du chapitre 37 du livre d’Ézéchiel que nous avons entendu comme première lecture évoque le contexte dans lequel nous sommes invités à accueillir l’Esprit-Saint. Le Seigneur fait d’abord circuler le prophète parmi des ossements desséchés, c’est-à-dire séparés les uns des autres alors que le sens des ossements est de former ensemble un corps vivant quand ils sont articulés les uns aux autres. 

Ces ossements desséchés représentent les personnes isolées pour diverses raisons, par exemple certaines personnes victimes d’addictions, des malades qui se sentent abandonnés, des réfugiés en mal d’accueil…  Le Seigneur lui dit alors : « Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? » Cette question Dieu nous la pose encore aujourd’hui, et notre réponse est peut-être celle d’Ézéchiel : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! » Mais Dieu poursuit le dialogue : « Prophétise sur ces ossements. »  Pour vivre, ces personnes ont besoin de ton espérance et de tes paroles qui sont vraiment prophétiques quand elles accompagnent des actions qui sont porteuses de vie.

Mais comment faire pour répondre à cet appel du Seigneur et où trouver la force nécessaire ? Faut-il étudier l’Histoire et y chercher des modèles à imiter ? Dans la lettre aux Romains, nous avons entendu les paroles de Saint Paul : « Nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint ». Ce qui nous unit aux Chrétiens qui nous ont précédés, c’est de continuer à recevoir l’Esprit Saint et non de reproduire des situations antérieures comme si l’Esprit Saint n’agissait plus. C’est la raison pour laquelle demain, lors de la messe célébrée en Unité Pastorale, nous nous mettrons à l’écoute de l’Esprit Saint pour mieux savoir comment vivre en disciples de Jésus ici à Liège à notre époque. Même si vous êtes absents demain, vous pouvez également contribuer à cette écoute, par exemple en venant à la rencontre du 7 juin consacrée à la rédaction de notre « charte » ou encore en participant au forum organisé sur le site de l’Unité Pastorale (http://www.upsaintmartin.be/forum/l-association/) ou en remettant vos réflexions à un membre de l’équipe pastorale. 

 Saint Paul nous indique également comment recevoir l’Esprit Saint : « l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » Saint Paul dit que seuls nous ne savons pas prier comme il faut parce que nous risquons de ne demander que des choses qui sont les seules que nous pensons à notre portée. Laisser l’Esprit Saint venir au secours de notre faiblesse et intercéder pour nous, c’est accepter qu’il nous aide à demander ce que Dieu est prêt à nous donner même si nous pensons que nous n’avons pas la force de le recevoir. Très concrètement, je parlais il y a quelques jours avec quelqu’un qui m’expliquait combien il est difficile d’accueillir des réfugiés, et d’ailleurs un homme politique s’étant engagé dans ce sens m’avait expliqué qu’il souhaitait continuer à le faire s’il était élu, mais que s’il l’écrivait dans son programme électoral il perdrait des électeurs. Dans ce cas bien précis, nous ne savons pas comment prier comme il faut si nous considérons comme établi que la population ne s’ouvrira jamais à l’accueil des  réfugiés ; en laissant par contre l’Esprit intercéder lui-même pour nous, nous osons lui demander de nous inspirer des demandes qui nous paraissent irréalistes, mais très bonnes, mais aussi de nous donner la force de changer dans nos vies ce qui doit l’être pour que les bonnes choses considérées irréalistes soient réalisées demain. Dans le cas concret, cela signifie par exemple de vivre de manière moins confortable et d’avoir moins peur des personnes qui sont différentes de celles que je connais déjà.

En nous laissant ainsi faire par l’Esprit, nous pourrons avoir le bonheur de vivre ce que nous avons entendu Jésus s’écrier dans l’Évangile : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l'Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. »