Homélie de la fête du baptême du Christ, par Louis Piront

Bapteme cHomélie rédigée et prononcée par Louis Piront, le 10 janvier.

Dans la liturgie, c’est fou ce que le temps passe vite … La semaine dernière, nous étions toujours à la crèche, nous joignant aux mages venus à Bethléem. Et aujourd’hui, nous voilà 30 ans plus tard, déjà, au baptême de Jésus.

C’est que nous ne connaissons pratiquement rien de l’enfance de Jésus, à part la présentation au Temple, la fuite en Egypte et son passage au Temple à l’âge de 12 ans. Pour le reste, c’est le silence total.

Et voilà que nous le trouvons aujourd’hui au bord du Jourdain, prêt à commencer une nouvelle étape de sa vie, à naître encore à quelque chose de neuf … Jésus, pas plus que nous, pas plus que Jean-Baptiste, n’a été fixé dans sa mission depuis sa naissance. Il a dû renaître à chaque étape de sa vie, dans la fidélité aux appels reçus de son Père pour être de jour en jour fidèle à la mission à laquelle il était destiné. Et aujourd’hui, l’instant semble particulièrement solennel : « C’est toi, mon fils bien-aimé : en Toi, j’ai mis ma joie ! »

Pourtant, depuis sa naissance, il avait déjà été plongé dans la vie humaine, avec tous les apprentissages que cela suppose : à l’âge de 12 ans, il avait déjà acquis des connaissances et une capacité de réflexion qui avaient étonné les savants du Temple. C’est que Marie et Joseph avaient déjà appris pas mal de choses à ce jeune gamin. Ils lui avaient appris les paroles et les gestes humains : ils l’avaient élevé dans un climat où il avait pu toucher du doigt les valeurs qui donnent sens à ce que nous vivons, ainsi que la cohérence nécessaire entre ce qu’on dit et ce qu’on fait.

Mais tout cet apprentissage devait servir à quelque chose, servir à construire un monde selon le cœur de Dieu. Il fallait pour cela quitter le cocon familial et se lancer dans l’aventure que Dieu lui réservait et dont il ne devait sans doute pas connaître grand-chose, au départ.

Il va au bord du Jourdain se faire baptiser par Jean, pour rejoindre les gens là où ils étaient, pour les accompagner dans une nouvelle vie : la sienne et la leur.

Sans doute Jésus prend-il conscience d’un appel qui dépasse ce qu’il peut en comprendre. Alors, son réflexe est de se mettre à prier, à se relier à celui qui est la source de sa mission. Il voudra, toute sa vie, rester relié à Celui qui l’accompagnera de l’intérieur et l’aidera à discerner sa mission dans les différentes circonstances de sa vie.

Ce réflexe de la prière, Jésus le retrouvera dans les moments de doute, dans les épreuves qu’il traversera, dans les moments où on veut le compromettre avec des tentations de pouvoir ou de succès.  Chaque fois, il se retirera, souvent dans la montagne, pour rester en communion avec ce Père qui n’arrête pas de l’engendrer sur cette terre, jusqu’à ce que tout soit accompli. Au jardin des oliviers, sa prière va lui donner le courage d’aller jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il dise enfin, sur la croix : « Père, je remets ma vie entre tes mains ».

Au moment où il est en prière au bord du Jourdain, « le ciel se déchire » et la terre est reliée au ciel et le restera dans la personne de Jésus-Christ.

Il y a évidemment une conclusion à retirer de ce baptême de Jésus :

Le disciple n’est pas au-dessus du Maître : le disciple ne pourra tirer son efficacité missionnaire que de son lien permanent avec celui qui le guide de l’intérieur : l’Esprit de Jésus.  C’est lui qui va l’éclairer dans son cheminement de fils et de fille à la suite de Jésus-Christ, mais aussi de frère, dans une fraternité sans cesse à renouveler.

C’est l’Esprit qui sera à l’intérieur de nous, le souffle capable de nous bouleverser ; Le souffle qui ranime la vitalité ; Le souffle qui anéantit la résignation, l’ardeur qui bannit la tiédeur, la liberté qui rend capable d’aimer.

Le souffle qui dénoue nos résistances et nos excuses, qui dilate notre générosité, qui déclenche une bienveillance profonde face à tous les souffrants, qui balaie la désespérance, qui inspire l’avenir et qui invite à ne pas en rester là,

à rendre possible ce qui était relégué dans l’impossible, qui réveille le désir au-delà des doutes qui paralysent et qui nous remet en route vers ce « plus » qui est en nous et qui a la forme de la croix : la forme de l’amour qui va jusqu’au bout.

C’est pourquoi nous vous invitons aujourd’hui à entrer dans le réseau mondial de la prière du pape : nous vous remettrons cette petite brochure qui vous aidera à entrer dans ce mouvement de prière : lisez cette brochure : elle peut vraiment nous maintenir reliés à Dieu et à la prière de l’Eglise tout au long de l’année.