Homélie de la Dédicace de la Basilique du Latran (par Laurent CAPART SJ)

Dedicace du latranRésumé de l’homélie de la fête de la Dédicace de la Basilique prononcée par Laurent Capart le 9 novembre

Nous célébrons aujourd’hui la fête de la Dédicace de la Basilique du Latran, et cette fête est une de celles qui ont la priorité liturgique sur le dimanche. En fait, la Basilique du Latran est la cathédrale du pape à Rome. À ce titre, elle représente visiblement une réalité invisible, notamment parce que nous en faisons partie, le corps du Christ et l’Église. 

Cette réalité, je vais vous en parler, mais aussi je l’ai vécue en préparant cette homélie lors de la soirée de préparation du « Célébrer ensemble autrement » qui aura lieu à l’église Saint-Servais. Les idées de cette homélie viennent de ce groupe dont je faisais partie sans faire semblant que je n’avais pas étudié de théologie, mais aussi en apprenant beaucoup des autres membres de ce groupe.

  • Nous intégrer dans la construction prend du temps : il est vrai que Jésus relève, par sa résurrection, le temple en trois jours, mais les hommes avaient mis 46 ans pour édifier le temple, et la construction du Christ, Saint Paul nous invite à la poursuivre depuis bientôt 2000 ans. Dieu est patient : l’eau dont il est question dans l’extrait du livre d’Ézéchiel que nous avons entendu est une image de l’Esprit et de la vie quand on lui laisse le temps de faire porter des fruits à tous les arbres. 
  • La communauté est refuge : une des caractéristiques d’une maison est de protéger ses habitants et de pouvoir servir de refuge. Une des difficultés des personnes sans domicile fixe est qu’elles sont très vulnérables quand elles dorment en rue. La communauté, dont les églises matérielles sont des images, a pour vocation d’accueillir et de protéger ceux qui s’y réfugient.
  • Les fondations et les pierres vivantes : les fondations, nous dit Saint Paul, c’est le Christ, et c’est important de le savoir parce qu’un édifice sans fondations solides va s’écrouler. Mais s’il n’y a que les fondations, personne n’est protégé. Les pierres vivantes que nous sommes chacune et chacun sont donc toutes nécessaires. Dieu a voulu avoir besoin de nous. L’image des pierres convient également bien pour situer les personnes qui ne sont pas encore chrétiennes : elles sont des pierres qui ne sont pas encore intégrées dans la construction, mais un temps viendra peut-être où elles le seront.  
  • La parole est ciment : sans ciment, pas de maison. Sans relations et paroles entre Dieu et les hommes, mais aussi entre les hommes, pas de communauté durablement fraternelle et accueillante : « Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite. »
  • L’amour doit être constructif et sincère : tel n’est plus le cas quand la maison du Père devient une maison de trafic.

En communion avec toute l’Église, rendons grâce à Dieu de pouvoir être des pierres vivantes du Corps du Christ quels que soient l’endroit où nous sommes et l’époque à laquelle nous vivons.