Homélie de l'Epiphanie (par André de L'Arbre SJ)

Mages adoration 4Homélie rédigée et prononcée par André de L'Arbre à l'occasion de l'Epiphanie, le 4 janvier

C’est aujourd’hui la fête des païens. Et c’est une solennité ! C’est dire que c’est une fête très importante. C’est ce qu’il y a de mieux comme fête. C’est le nec plus ultra : la fête des païens !? C’est dire qu’aux yeux de Dieu et de l’Eglise, les païens sont très importants. Pourquoi ? Parce qu’ils sont nos frères et sœurs…

Le mot épiphanie signifie manifestation. A Noël, Dieu se manifeste, se montre, se rend visible à Marie, à Joseph et aux bergers, c’est-à-dire aux Juifs. A l’Epiphanie, il se manifeste aux mages, c’est-à-dire aux païens. Saint Paul vient de nous le dire solennellement : « Frères, vous savez en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : il m’a révélé le mystère du Christ. (…) Ce mystère, c’est que, grâce à l’Evangile, les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus. »

Il n’y a plus les Juifs d’un côté et les païens de l’autre. Il n’y a plus qu’une seule famille humaine, la Famille de Dieu. En Jésus, nous sommes tous enfants de Dieu, fils et filles du Père, tous frères et sœurs en Christ. La Bonne Nouvelle n’est plus réservée seulement aux Juifs, mais elle est offerte à tous les hommes, à toute l’humanité.

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples, en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ». Baptiser, c’est plonger les hommes dans la communion trinitaire, c’est les jeter dans le brasier d’amour qui existe en Dieu, c’est brûler de la vie et de l’amour de Dieu. C’est faire un avec Jésus. « Comme le Père et moi nous sommes un, vous et moi, nous sommes un. » « Que tous soient un, Père, comme nous sommes un. »

Jésus dit aux apôtres : « Allez par le monde entier et faites des disciples. » Allez et faites sont des verbes à l’impératif, ce sont des ordres.

Cette mission n’est pas facile. Les hommes résistent à l’amour. On voit que dès le début on résiste, on s’oppose à la Bonne Nouvelle. Hérode est roi et on sait qu’il était très soupçonneux. Il croyait qu’on en voulait constamment à son pouvoir et c’est pour cette raison qu’il a tué trois de ses fils, sa belle-mère et sa femme. Et quand il apprend que Jésus, le roi des Juifs, vient de naître, il panique et n’a qu’une idée, c’est de le supprimer au plus vite.

Voilà le péché depuis toujours : vouloir rester le roi, le chef, le maître de sa propre vie, refuser cette place à Jésus. Il est difficile à l’homme de s’effacer, d’aimer vraiment en donnant la place à l’Autre et aux autres, de nous mettre à leur service. Nous préférons rester au centre et nous faire servir par les autres et même par Dieu.

On  voit que tout se manifeste dès la naissance de Jésus : son amour pour l’humanité et notre résistance à nous…

Hérode qui représente le roi du Peuple élu, du Peuple choisi, du Peuple préféré et choyé, s’acharne à éliminer Dieu de son territoire. Et à l’opposé, les mages païens se prosternent et adorent l’Enfant-Dieu. Les païens nous montrent l’exemple. Ils offrent à Dieu leurs trésors et l’hommage de leurs personnes. Ils éprouvent une très grande joie dans cette expérience de rencontre avec leur Dieu. Ils s’en retournent dans leur pays et ils iront y manifester leur bonheur d’être à leur tour choyés par le Père de tous les hommes.

Et nous ? Qu’allons-nous faire ?