Homélie de l'Epiphanie par André de L'Arbre SJ

Mages adoration 2Homélie rédigée et prononcée par André de L'Arbre, le 3 janvier.

Le message essentiel de la fête de l’Epiphanie est l’universalité du salut, càd que Jésus est venu parmi nous pour sauver tous les hommes, pour rassembler tous les enfants de Dieu dispersés afin de les amener tous au ciel, dans la maison de Dieu notre Père. C’est le projet de Dieu, mais c’est aussi notre souhait le plus profond, que tous les hommes puissent un jour vivre la plénitude de l’amour et du bonheur.

Ce serait évidemment bien si nous pouvions y travailler déjà dès ici-bas. Théoriquement nous sommes évidemment tous d’accord pour que tous et chacun puissent vivre dans un monde juste, paisible et fraternel, mais concrètement nous en sommes très loin. Dès que nous entrons à l’école, le système éducatif favorise la concurrence. On donne des prix aux meilleurs et on proclame régulièrement leurs bons résultats, et on n’aide pas assez ceux qui n’en sortent pas très bien.

Exemple : La reine Fabiola a changé les règles de la proclamation des prix du concours Reine Elisabeth. Elle a demandé qu’à partir d’un certain nombre, tous les autres soient proclamés ex aequo.

Exemple : Lorsque j’étais en rhéto, notre titulaire avait changé la façon de coter les élèves. Nous étions divisés en six équipes de quatre élèves et nos résultats étaient ceux des équipes. L’intention était de nous faire travailler en équipe, de favoriser l’entraide plutôt que la concurrence. Les équipes avaient été formées sur la base des résultats de l’année précédente et selon les talents des uns et des autres. Les écarts entre les équipes étaient minimes et l’essentiel était l’esprit d’équipe et l’entraide. Celui qui était fort en math aidait celui qui n’y comprenait pas grand-chose et le fort en grec multipliait les exercices avec son co-équipier pour qu’il améliore le résultat de l’équipe.

Exemple : C’est aussi l’aide qu’on peut apporter dans les écoles de devoirs où on est attentif à chaque élève.

Exemple : Dans le scoutisme, le jeune est membre d’une patrouille.

Dans le monde, il n’en est pas habituellement ainsi. Il faut être le meilleur et le plus fort. C’est ainsi entre les personnes, les classes sociales, le entreprises, les états. C’est la règle habituelle dans le domaine académique, politique et économique. Notre monde est très dur et laisse pas mal de monde au bord de la route. Le pape parle d’une société de déchets.

Lorsque Dieu naît dans notre monde, il ne fait pas concurrence au roi Hérode. Il a la fragilité du petit bébé. C’est Hérode qui se sent continuellement menacé, à tel point qu’il élimine tous ses concurrents, ses propres fils et tous les enfants de moins de deux ans de Bethléem et environs.

Jésus est le Prince de la paix. Il est non-violent. Il n’écrase pas, il ne s’impose pas. Il nous propose d’utiliser le dialogue, l’écoute, le respect, le pardon, le service, l’humilité, la générosité, la gratuité. Il n’a qu’un souci, le bien et le bonheur de tous les hommes, ses frères et sœurs. Il sera toujours du côté des victimes, des pauvres, des migrants, des personnes souffrants de solitude et de manque d’affection, des laissés pour compte.

En ce début d’année nouvelle, prenons la décision de suivre toujours davantage l’exemple de Jésus.