Commentaires du C.E.A. du 8 mars

Chaque deuxième dimanche du mois a lieu à l'église St Servais un "Célébrer ensemble autrement". Cette célébration est préparée par une petite équipe de bénévoles ainsi que du prêtre qui célébrera ce dimanche là. Cette préparation démarre par un partage approfondi de la Parole entre les différentes personnes avant de voir alors le déroulement de la célébration.

Ce dimanche 8 mars c'était aussi la fête de la communauté St Servais. Et comme à chaque fois qu'une communauté est en fête dans notre UP, nous sommes tous invités à rejoindre cette communauté pour célébrer et prier ensemble autour de cette communauté. C'était aussi l'occasion pour ceux qui ne connaissent pas le C.E.A. de découvrir cette manière de vivre l'Eucharistie. C'était aussi la troisième étape pour les enfants d'âge scolaire se préparant au baptême : en venant au CEA c'était une manière de leur montrer que nous formons communauté.

Si vous n'avez pu venir au C.E.A. du dimanche 8 mars ou si vous voulez relire ce que vous y avez entendu, vous trouverez ci-dessous les explications des lectures de ce dimanche de la transfiguration (si par la suite vous souhaitez encore relire, vous trouverez ce billet en cliquant sur "archives")

C.E.A. du dimanche 8 mars : 2ème dimanche de Carême

M. : (en tenue de randonneur : chaussures de marche, sac à dos et bâtons) :

Bonjour à tous, je suis bien content de vous voir. Nous avons apparemment eu tous la même idée : venir poser notre sac un instant dans ce lieu alors que, en ce début de carême, nous terminons une semaine de marche, parsemée de petits ou de grands évènements, et avant de reprendre la route pour une nouvelle semaine. Mais je vous en prie, asseyez-vous. Je vois qu’il y a des habitués du lieu, il y en a peut-être qui viennent ici pour la première fois et puis il y en a quelques uns qui ont découvert l’endroit il y a peu et je pense tout particulièrement à (citer le nom des enfants). Ils sont venus ici pour la première fois il y a deux mois, ils ont alors sonné à la porte et on leur a ouvert. Ils sont revenus le mois suivant et là, ils sont repartis avec un livre et puis aujourd’hui, c’est eux qui nous apportent quelque chose. Mais je vais les laisser vous en parler.

Troisième étape des enfants qui se préparent au baptême : Les enfants racontent l’histoire des cordes. Allusion au pardon

M.: Ce que les enfants viennent de nous raconter me fait penser à un moment particulier de la messe qu’on appelle le kyrie, un mot grec qui veut dire « prends pitié » ou qu’on appelle aussi la prière pénitentielle. Voilà des termes qui ne sonnent plus très bien à nos oreilles, des mots bien vieillis mais les enfants nous ont montré que ce moment dans la messe conserve toute son actualité, toute sa modernité.

(Prendre deux bouts de ficelle et les renouer) : Voilà ce qu’est le Kyrie : renouer le contact, refaire le lien malgré tout, malgré les blessures, les déchirures, les erreurs, malgré tous ces obstacles qui ont tendance à nous bloquer pour poursuivre la route. La longueur de la corde importe peu, l’essentiel, c’est que la relation soit rétablie.
Kyrie

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M.: Pour arriver ici, nous avons dû faire un peu de chemin, 5 minutes, 10 minutes, un quart d’heure… guère plus. Il y en a par contre qui entament de longs voyages, traversent des pays, des continents entiers dans des conditions parfois difficiles… Qu’est-ce qui les poussent à faire un tel périple ? Et ce n’est pas nouveau. Il y a bien longtemps déjà …

Lecture du livre de la Genèse
En ces jours-là, le Seigneur dit à Abram : «Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre.»  Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui.

– Parole du Seigneur.

A-C : Et Abraham, ce n'est pas dix minutes qu'il a dû marcher, à mon avis. Comme les nombreux réfugiés à la une de l'actualité aujourd'hui, il a pris son départ suite à une promesse. Mais pas de n'importe qui, ni n'importe laquelle. Et il ne semble pas hésiter longtemps. Pourtant, si on va au bout du récit d’Abraham, on sait qu’il n’atteindra jamais cette terre promise par Dieu mais c’est une autre histoire.
Revenons à cette promesse faite par Dieu : pas évident d’y croire. Ce pauvre homme sans enfant deviendrait une grande nation ! C’est fort surprenant, non ?
Bon, ce message aujourd’hui semble incroyable, peu crédible et franchement, lu comme ça, on pourrait se demander ce qu’il veut nous dire.
Dieu demande à ce brave homme de tout quitter, tout ce qui fait son quotidien, son confort. Et il lui propose un nouveau chemin à emprunter, un chemin inattendu.
Son destin semblait tout tracé et Dieu vient le bouleverser et le sort de sa routine. Voilà peut-être ce qui devrait nous parler : chaque jour, Dieu nous propose de commencer un nouveau chemin de Foi, de croire en sa promesse. De chaque jour se mettre en route vers ce pays qu’il nous montrera. Et chaque jour est un nouveau départ, même si ce n’est pas facile, même si cela paraît lointain, voire inaccessible, osons nous mettre en route.

M. :Quand on entreprend un tel voyage, porté par un grand espoir, on est tout feu, tout flamme, tout sourire. Mais le voyage n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Il y a des creux, des sentiments de découragement, des moments d’obscurité qui nous cachent le soleil et l’horizon.

M.U. Référence à Abraham.

Lecture de la deuxième lettre de Saint-Paul apôtre à Timothée

(Adapté un peu librement de 2Ti 1, 8-10)

Cher Tim,

Salut mon p’tit pote !

J’espère que ta santé est bonne et que tu te remets bien de la fatigue de ton dernier voyage !

Mais si je me permets de t’écrire, c’est qu’on m’a dit que tu avais le moral dans les chaussettes. Ne te laisse pas aller, c’est pas trop grave, tout le monde peut avoir un petit coup de mou !

C’est vrai qu’annoncer le Christ, c’est un peu dingue. On nous prend pour des fous, on ne nous croit pas, on nous critique, on nous marginalise… Mais ne te laisse pas décourager, remets toi dans la confiance, la confiance de Dieu !

D’un certain côté, il faut bien reconnaître que ce n’est pas tous les jours marrant – et j’en sais quand même un petit quelque chose, moi qui suis en prison ici à Rome. Mais n’oublie pas que si nous faisons cela, c’est parce que nous avons reçu cet appel de Dieu, et que cela a changé notre vie, et nous a remplis de joie. Cette joie, c’est celle que nous avons ressentie lorsque nous avons réalisé que c’était pour nous, pour toi, pour moi, pour chaque homme, que le Christ est venu dans le monde. Il a détruit la mort et la tristesse, et fait briller la vie par l’Evangile !

Allez, je te laisse, mon gars. Tiens bon et reste dans la confiance et la joie.

Parole du Seigneur.

Chant de méditation

M. : Mais s’il y a des creux, il y a aussi des moments où on arrive sur les hauteurs où la vue semble plus dégagée. C’est le moment de faire une halte, d’admirer le paysage, de sortir sa boussole pour repérer la suite du voyage et peut-être aussi de poser sa tente.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus: «Seigneur, il est bon que nous soyons ici! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.» Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie: écoutez-le!» Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit: «Relevez-vous et soyez sans crainte!» Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre: «Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.»

– Acclamons la Parole de Dieu.

L.B.: : Wa… Quel récit ! Digne de Hollywood !

Jésus emmène trois de ses disciples sur la montagne. Il faut du temps pour grimper là-haut. La montagne est sacrée dans la Bible, c’est l’endroit où Dieu rentre en contact avec plusieurs de ses prophètes dont Abraham, Moïse et Élie. Ces prophètes ont eu confiance en lui mais tous ont douté, tous ont trébuché, tous ont demandé pardon et tous ont repris confiance en lui pour mieux repartir. Repartir sur leur chemin,  guidé par Dieu.
Et c’est aussi sur une montagne que Jésus monte avec ses trois disciples. Il a sûrement quelque chose d’important à leur montrer. Il a sûrement une idée derrière la tête.
Découvrons cela ensemble.
Je vais vous demander de me faire confiance car je vais vous demander de fermer les yeux. ( Petit temps d’arrêt et insister sans obliger) Je vais vous demander d’imaginer la scène comme si vous y étiez. Mettez-vous dans la peau d’un des disciples. Jésus vous appelle à le suivre sur la montagne. Vous grimpez,  vous avez chaud, vous avez soif et vous êtes essoufflé. Vous vous laissez guider. Puis vous remarquez que Jésus est monté un peu plus vite que vous et il est là devant vous. Il est transformé. Il est lumineux, resplendissant comme une lumière dans la nuit. Il est beau, il est grand, il est impressionnant. Tout naturellement, il papote avec deux grands prophètes. Que ressentez-vous ? De la joie ? De la peur ? De la fierté ? Un peu de tout cela à la fois ? Bien, vous pouvez rouvrir les yeux. Merci d’avoir joué le jeu.

Et oui, c’est impressionnant ! On comprend mieux le désarroi de Pierre. Qui est un peu désorienté. Et là, Dieu leur dit de faire confiance en Jésus et de l’écouter. C’est vrai que Jésus nous montre son être intérieur, il dévoile sa dignité avec l’aide de Dieu, son Père.Le vrai visage de Jésus nous est révélé. Dieu le désigne comme le Messie. Il était déjà comme cela avant mais les trois apôtres le découvrent seulement. Ils savent qu’à partir de ce moment-là, ils peuvent vraiment lui faire confiance . En plus Jésus leur dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur. » Ils peuvent vivre. Vivre sur le chemin que Jésus leur propose.
Et nous, malgré nos doutes, pouvons-nous continuer notre chemin dans la confiance de Dieu ?

M.: « Celui-ci est mon Fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour. Ecoutez-le.» Ca me fait penser à cet autre texte traditionnel de la messe qu’on appeler le credo. Cette fois, c’est du latin, pas du grec et ça veut dire tout simplement : je crois. Un texte traditionnel mais qui reste aussi d’actualité. Ce n’est pas juste une formule qu’on répète par habitude. C’est l’occasion de penser à l’importance de se doter d’une boussole, dun guide quand on a un long chemin à parcourir, un guide auquel on accorde sa confiance.
Credo 

Je crois, je fais confiance à Celui que Jésus nous a invités à appeler « Père », qui veut nous remplir de son Amour et de sa Bienveillance, pour que nous devenions de plus en plus à son image et à sa ressemblance.

Je crois en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, en qui le Père a mis tout son Amour. Il est la Parole vivante qui s’accomplit dans les actes. Je crois qu’ren l’écoutant, nous serons éclairés sur un chemin qui nous fait passer de la mort à la vie.

Je crois en l’Esprit-Saint qui continue à nous accompagner tous les jours et à nous éclairer de l’intérieur.
Je crois que nous ne sommes pas seuls et que nous sommes appelés, par le baptême, à vivre en communion fraternelle dans la communauté chrétienne, pour être un signe vivant et actuel de l’Amour de Dieu au milieu de notre monde qui en a tellement besoin.

M. Nous allons maintenant retrouver les enfants qui ont fait eux aussi un bout de chemin un peu différent du nôtre sans doute, mais tous les chemins sont l’occasion de rencontrer des gens, de découvrir de nouveaux visages.
 

M. : Le chemin de la vie, c’est une suite de rencontres qui ne nous laissent pas indifférents comme on vient de le voir. Ayons une pensée pour ces rencontres et plus qu’une pensée, une volonté que ces rencontres soient belles et soient l’occasion de donner notre soutien là où il est nécessaire.
 

Prière universelle :

Souvent, nous sommes découragés par nos faiblesses, nos contradictions, nos énervements, nos défauts, qui reviennent sans cesse à la surface. Seigneur, puissions-nous accueillir ton regard de bienveillance, plein de patience et de miséricorde. Et que, réconfortés par cette bienveillance, nous puissions repartir avec une confiance renouvelée en Toi qui marche à nos côtés et nous éclaire par ton Esprit.
Seigneur, nous te prions

En cette troisième rencontre en préparation du baptême, Lily, Lena, Laura, Lorrina et Simon découvrent la lumière de Jésus. Que les amis, les parents, les proches et toute l'assemblée réunie ici les accompagnent.
Seigneur, nous te les confions.

Les chemins que l'on doit prendre sont difficiles à vivre si, à l'image d'Abraham,on est migrant sans tente, sans maison,sans pays mais aussi pour tous ceux qui,dans leur rue, leur maison,leurs lieux de vie,restent déchirés par l'incompréhension, le désaccord et l'oubli.
Seigneur, nous t'en prions, viens à leur secours.

Après une longue journée de randonnée, il y a ce moment très particulier où on s’arrête, on ouvre son sac, on sort la nappe, les couverts, le pain, l’eau, le vin et où on partage ensemble un repas et sans doute bien plus qu’un repas.

Prière eucharistique et eucharistie.

En fin de célébration :

M. : Eh bien, voilà c’est l’heure du départ, on remet son sac au dos, on se dit « au revoir », on se dit « bon voyage » et peut-être, peut-être qu’on se reverra au détour d’un chemin ou dans un bivouac. La route est longue encore, elle ne s’arrête jamais, elle recommence tous les jours et c’est tant mieux. Qu’elle soit belle, qu’elle soit remplie de rencontres, de haltes, de moments inattendus.