Commentaires du C.E.A. du 12 janvier

Chaque deuxième dimanche du mois a lieu à l'église St Servais un "Célébrer ensemble autrement". Cette célébration est préparée par une petite équipe de bénévoles ainsi que du prêtre qui célébrera ce dimanche là. Cette préparation démarre par un partage approfondi de la Parole entre les différentes personnes avant de voir le déroulement de la célébration.

Si vous n'avez pu venir au C.E.A. du dimanche 12 janvier ou si vous voulez relire ce que vous y avez entendu, vous trouverez ci-dessous les explications des lectures de ce dimanche du baptême du Christ. (si parla suite vous souhaitez encore relire, vous trouverez ce billet n cliquant sur "archives")

C.E.A. du dimanche 12 janvier

Lecture de l'évangile : Mt3, 13-17

Que nous dit ce texte ?

Anne-Catherine: Vous avez entendu la dernière partie de l’évangile : « il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » » ? Je suis sûre que vous voyez la scène et que les réalisateurs qui se cachent en vous imaginent la super séquence qu’ils pourraient tourner. Mais retournons quelques siècles en arrière. Les personnes auxquelles s’adressaient Mathieu n’étaient pas plus naïves que nous. Le ciel qui se déchire et la voix qui vient du ciel, c’est marquant et c’est sans doute le but de ce texte. Frapper l’imagination ! OK, mais dans quel but ?
Reprenons. Jésus se fait baptiser, comme des tas de ses contemporains, il demande à connaître ce rite, tout simplement. Lui, le fils de Dieu quand même !
Et une fois qu’il sort de l’eau, de la terre, du domaine terrestre, voilà que les cieux s’ouvrent. Les cieux, le domaine de Dieu, s’ouvrent pour laisser s’approcher Dieu. Ainsi, Dieu entre dans la vie des hommes. Il prend connaissance de la vie des hommes. Quelle chance nous avons, Dieu fait preuve d’une empathie totale et ça le met en joie. Encore aujourd’hui.
Ce ciel qui se déchire serait donc le signe d’un Dieu qui se fait proche, un Dieu capable de nous comprendre, un Dieu incarné. Dieu est avec nous et a tout fait pour nous comprendre et être à nos côtés.
Sommes nous prêts pour ce rapprochement ?

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Laurence :Tiens, Anne-Catherine, moi, j’ai remarqué ce petit dialogue au milieu du texte. Attends que je retrouve… Ah, voilà :

« Jean voulait l’en empêcher et disait : «C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi!» Mais Jésus lui répondit: «Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ce qui plaît à Dieu.»

« Laisse faire ! », parce qu’il convient qu’on fasse « ce qui plaît à Dieu » … C’est quand même étonnant. Faire ce qui plaît à Dieu… C’est un peu comme dans le Notre Père, où on dit « Que ta volonté soit faite », et où on ne sait jamais très bien ce que c’est concrètement, la volonté de Dieu…
Oui, bien sûr, s’aimer les uns les autres, pardonner, ça on sait. Mais plus concrètement : quoi ? Je dois me proposer comme Maman catéchiste ? Je dois aider à la préparation de la messe ? Je dois aller aider chez les Restos du cœur ou les Sentinelles de la Nuit ?

(Petit silence de réflexion)

Et ici, il y a Jésus qui dit à Jean-Baptiste : « Laisse faire ». Moi, ça me touche, mais je ne sais pas en dire plus…

Michel : C’est vrai, avec ces histoires de volonté de Dieu, on ne sait jamais bien. Mais il y a la première lecture qui parle un peu de ça. Attends, c’est dans Isaïe : Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ;

C’est comme dans l’Evangile : l’Esprit de Dieu descendu sur lui ; et c’est lui que Dieu soutient, c’est bien lui qui est « dans l’esprit de Dieu »

aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,

Pour un Dieu, il n’est pas vraiment très interventionniste, comme on dit. Le serviteur de Dieu, pour Isaïe, c’est aussi quelqu’un qui est plutôt du genre « laisse faire »… il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. Il laisse faire, mais il ne lâche rien. Tout peut se passer, il ne s’impose pas, mais il ne change pas son cap…

Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations :

Voilà. C’est difficile à admettre, mais c’est clair : Isaïe nous le dit : c’est le Seigneur qui agit, nous prend par la main, nous façonne…
On commence à mieux voir pourquoi Jésus dit à Jean-Baptiste « Laisse faire ». C’est « laisse faire Dieu ».  Pas facile de savoir comment il fait, Dieu, mais ça, c’est une autre histoire !

"tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

 En laissant faire Dieu, en gardant son cap, on ouvre les yeux aux aveugles ? Je sais bien qu’il y a une part de symbolique, là-dedans. Mais quand même. Il y a des moments ou ça me réjouit, mais où je reste avec un tas de questions…Mais peut-être que la joie est plus grande que les questions ?

Intentions :

  1. Martine Th. : Sur les eaux du Jourdain nous avons vu ton baptême,nous nous rappelons de notre baptême parce que nous l'avons appris auprès de nos parents et de notre famille.Nous te prions, Seigneur,de nous aider à vivre maintenant notre baptême et à le garder présent durant toute notre vie.
  2. Michaël : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie:
    Dieu, tu as trouvé ta joie dans ton fils, quoi de plus étonnant pour un père.
    Dieu, tu as trouvé ta joie dans l’homme.
    La joie, voilà sans doute une des plus belles émotions qu’on puisse ressentir.
    Une émotion toute simple, celle qui fait sourire ici (en montrant la bouche) et là (en montrant le cœur), celle qui se réjouit des bienfaits de la vie et celle qui aide à en supporter les difficultés. Et quand, la joie devient un état d’esprit permanent animé par une idée ou une personne, elle éclaire notre existence.
    Comme Dieu, nourrissons notre joie au contact de ce Fils de Dieu, de cet homme venu à notre rencontre.
  3. Anne-Catherine : Dans l’évangile, Jean-Baptiste fait confiance à Jésus et accepte de le baptiser. C’est alors que Dieu se manifeste. (passage peut-être inutile, en fonction du commentaire de Michel)  Faire confiance et laisser faire ! Quel programme difficile. Qui pourtant est le chemin vers la joie. Pour que nous puissions à notre tour laisser Dieu entrer dans nos vies, aide nous Seigneur à te faire confiance et à te laisser faire.
  4. Laurence :  Seigneur, dans nos vies chargées,  nous avons vraiment du mal à te faire confiance. Nous nous acharnons de vivre à toute allure et nous perdons confiance en toi, aux autres et à nous-même. Parfois quand nous nous laissons faire, quand nous nous laissons mener par ton esprit, nous apprenons qui nous sommes réellement. Prenons du temps, en silence, de t'écouter, d'écouter les autres et de s'écouter pour pouvoir vivre pleinement notre vie dans ta confiance.